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Le gouvernement mobilise police, télé et radios pour empêcher la marche : ALGER sous pression .

 

  Les autorités algériennes sont sous pression. D’importants renforts de police ont été dépêchés ces dernières heures dans la capitale algérienne alors que tous les accès à la ville devraient être bouclés très tôt dans la matinée du samedi 22 janvier en prévision de la marche à laquelle a appelé le RCD de Saïd Sadi. Le gouvernement algérien a annoncé que cette manifestation populaire n’est pas autorisée, les marches sont interdites à Alger depuis juin 2001.

 

 

Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) persiste, le gouvernement fait de même. Les autorités algériennes ont demandé à la population de ne pas répondre à l’appel de l’opposition à participer à une manifestation samedi en plein centre d’Alger en faveur d’une ouverture démocratique.

La manifestation a été convoquée par le RCD, parti d’opposition qui dispose de 19 députés sur les 385 que compte l’Assemblée populaire nationale. La manifestation doit partir de la place de la Concorde à Alger, ex-place du 1er-Mai, vers le siège de l’Assemblée populaire nationale.

« Il est demandé aux citoyens de faire preuve de sagesse et de vigilance, et de ne pas répondre à d’éventuelles provocations destinées à porter atteinte à leur tranquillité, leur quiétude et à leur sérénité », indique un communiqué de la wilaya (préfecture) d’Alger transmis jeudi soir à l’agence algérienne APS. L’appel à la manifestation de samedi est fait « sans autorisation des services administratifs compétents », selon le communiqué.

La wilaya y rappelle que « les marches à Alger ne sont pas autorisées » et que « tout rassemblement sur la voie publique est considéré comme une atteinte à l’ordre public ». Les manifestations sont proscrites en Algérie en vertu de l’état d’urgence en vigueur depuis 1992.

Depuis jeudi soir, le communiqué tourne en boucle à la radio et à la télévision algériennes. Si l’interdiction émane de la wilaya d’Alger, la décision a été prise, selon nos affirmations, au plus haut niveau de l’Etat.

D’importants renforts de polices – plus de 10 000 hommes-, ont été dépêchés de plusieurs wilayas du pays pour quadriller la capitale. Depuis une semaine, des fourgons anti-emeute ont été stationnés à l’intérieur et devant le siège de l’UGTA (Union générale des travailleurs algériens), le syndicat officiel, ainsi que devant les bâtiments de l’Assemblée et du Sénat.

Le RCD soupçonne une formation de l’alliance présidentielle, le Rassemblement national démocratique (RND du Premier ministre Ahmed Ouyahia), de projeter de perturber la manifestation. Il a nommément accusé dans un communiqué l’un des membres du RND, Salah Djenouhat, également secrétaire général de l’UGTA, d’avoir récupéré des « délinquants » « pour les inciter à provoquer la marche populaire du 22 janvier ».

Dans un communiqué transmis à l’AFP, l’UGTA s’est déclaré « extrêmement surprise » de se retrouver accusée « de vouloir saboter une marche qui se préparerait pour le samedi 22 janvier 2011 ». Selon l’UGTA « ces propos dénués de tout fondement sont extrêmement graves » et il accuse à son tour le RCD de « manque d’éthique » et d’ « inconscience ».

Malgré cette interdiction, le chef du RCD, Said Sadi, s’est déclaré déterminé à maintenir cette marche, initialement prévue le 18 janvier puis reportée au 22, axée sur demande de la levée de l’Etat d’urgence, de l’ouverture du champs audiovisuel et également sur une demande de libération d’émeutiers présumés arrêtés en janvier. Les autorités avaient annoncé 1 100 arrestations et précisé que seuls les adultes seraient poursuivis devant la justice.

« Si l’opposition ne mobilise pas les foules, nous pensons que nous assisterons à des événements plus dévastateurs encore qu’en Tunisie », a déclaré jeudi Saadi à Reuters.

« La colère ici est plus forte qu’en Tunisie », a-t-il estimé. Il assuré également que le règlement de la crise politique algérienne passait par l’effacement de l’armée. « L’armée ne doit plus être un décideur, elle doit devenir une institution de l’Etat. »

« Ce dont nous avons besoin, c’est d’un changement de système politique. Nous avons besoin de transparence, d’état de droit et de démocratie. »

Des émeutes de cinq jours au début du mois en Algérie ont fait cinq morts, plus de 800 blessés, presque tous des policiers, et des dégâts matériels importants. En Tunisie voisine, les émeutes populaires ont débouché sur le renversement le 14 janvier du président Zine El Abidine Ben Ali qui a régné sans partage sur le pays pendant 23 ans.

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