Archive de la catégorie ‘L’actualité étrangère’

Révolution en Tunisie : Le président Ben Ali quitte le pouvoir après 23 ans de régne absolu .

Samedi 15 janvier 2011

L’ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali quitte le pouvoir et prend la fuite. Le Premier ministre, Mohammed Ghanouchi, assure l’intérim du chef de l’Etat. La femme de Ben Ali, Leïla, sa fille ainsi que son gendre se sont déjà réfugiés à l’étranger. Ben Ali pourrait se voir accorder l’exil en France.Arrivé au pouvoir en novembre 1987 après avoir destitué l’ancien président Habib Bourguiba, Ben Ali, 74 ans, a régné d’une main de fer sur son pays. La révolution tunisienne est en marche.


L’annonce du départ de Ben Ali a été faite officiellement dans la soirée du vendredi 14 janvier à la télévision tunisienne par le Premier ministre, Mohamed Ghanouchi. Celui-ci annonce assurer l’intérim de la présidence de la République.

« Conformément à l’article 56 de la Constitution, j’assume à partir de cet instant la charge de président par intérim », a annoncé Mohamed Ghannouchi, 69 ans. Le nouveau président, filmé dans le palais présidentiel de Carthage, a lu sa déclaration debout, entouré par le président de la Chambre des députés, Fouad Mebazaa, et par celui de la Chambre des conseillers (Sénat), Abdallah Kallel.

« Je m’engage à respecter la Constitution et à mettre en oeuvre toutes les réformes sociales et politiques qui ont été annoncées en collaboration avec les partis politiques et les composantes de la société civile », a-t-il déclaré. Selon des sources proches de la présidence, le scrutin anticipé devrait être ouvert au multipartisme, une première depuis l’indépendance du pays, en 1956.

Quelques heures plus tôt, le président avait décidé de limoger son gouvernement et d’appeler à des législatives anticipées. Il avait, en outre, décrété l’état d’urgence dans tout le pays alors que l’armée avait pris le contrôle de l’aéroport international de Tunis et l’espace aérien fermé.

Voulant désamorcer les tensions nées des troubles et de leur répression qui ont déjà fait au moins 67 morts dans le pays, selon une ONG, Ben Ali s’était engagé, jeudi, à ne pas briguer de nouveau mandat présidentiel, à démocratiser le pays et à faire cesser les tirs contre les manifestants. Il avait également affirmé avoir ordonné la levée de toute censure sur la presse et sur Internet qui étaient très surveillés.

Face à la pression populaire qui exigeait son départ, le président a fini par abdiquer et quitter le pays, mais on ignore encore pour le moment la destination qu’il a prise. Sa femme Leïla Ben Ali, sa fille ainsi que son gendre se sont déjà réfugiés à l’étranger. Selon certaines sources, ils trouvés trouvé refuge au Canada. D’autre sources indiquent qu’elle a quitté la Tunisie au cours de ces derniers jours pour s’installer à Dubaï.

Dans l’après-midi, des membres de la famille Trabelsi, la famille de Leila Ben Ali auraient été arrêtés à l’aéroport de Tunis alors qu’ils tentaient de prendre la fuite.

Arrivé au pouvoir en novembre 1987 après avoir destitué l’ancien président Habib Bourguiba, Ben Ali, 74 ans, a régné d’une main de fer sur la Tunisie. Sa chute intervient après de violentes manifestations qui ont démarré à la mi-décembre 2010 et qui ont coûté la vie à plus de 67 personnes.

La chute d’un despote : Ben Ali fuit à bord d’un avion, se dirige vers Malte, Paris ne veut pas de lui en France, il attérit à Dubaï

La chute d’un despote. Jeudi après-midi, l’ex-président tunisien Ben Ali a fui la Tunisie à bord d’un avion. La destination finale de l’ex-raïs n’est pas encore connue, mais la France a officiellement annoncé qu’elle ne souhaitait la venue sur son sol de l’ex-président tunisien, expliquant notamment cette position par le risque de mécontenter la communauté tunisienne dans l’Hexagone. Aux dernières nouvelles, Ben Ali se trouverait à Dubaï.


Après la fuite, les soucis de l’exil. L’avion de l’ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali survolait vendredi peu avant 19H00 GMT l’espace aérien maltais « en direction du nord », a indiqué à l’AFP un porte-parole du gouvernement.

Le pilote a « pris contact avec la tour de contrôle de l’aéroport de La Vallette, mais seulement pour survoler l’espace aérien et pas pour atterrir », a indiqué ce porte-parole du ministère maltais des Affaires étrangères. Il a précisé que l’appareil se dirigeait « vers le nord ».

« Ben Ali ne vient pas à Malte et le gouvernement n’a aucune indication qu’il viendra à Malte », a par ailleurs déclaré le chef de la diplomatie maltais, Tonio Borg.

Selon des informations obtenues par DNA de sources tunisiennes, le président Ben Ali a quitté Tunis en fin d’après-midi à bord d’un avion, accompagné d’une délégation de 49 personnes. Nos sources indiquent également que l’ex-président tunisien aurait sollicité un passage en Algérie.

Sa femme Leila Trabelsi Ben Ali ainsi que plusieurs de ses proches ont également fui le pays.

Selon la télévision française France 2, les autorités françaises devraient certainement accorder l’exil à Ben Ali. La France « n’a reçu aucune demande d’accueil » du président tunisien en fuite Zine el Abidine Ben Ali et examinerait toute éventuelle requête « en accord avec les autorités constitutionnelles tunisiennes », a fait savoir vendredi le ministère des Affaires étrangères.

Une ONG veut son arrestation

Un mouvement tunisien d’opposition en exil a déclaré aujourd’hui que si le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, qui a quitté Tunis dans la soirée, venait en France, il déposerait plainte pour « les crimes commis contre son peuple » et exigerait « son arrestation ».

« Si Ben Ali vient en France, nous porterons plainte. Nous demanderons son arrestation immédiate et sa traduction en justice pour le crimes commis contre son peuple », a déclaré Mouhieddine Cherbib, du Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT).

De son côté, la police française se prépare à l’arrivée du président tunisien Zine el Abidine ben Ali à Paris dans la soirée de vendredi, indique l’AFP citant une source policière non identifiée. L’Elysée avait dit auparavant ne pas avoir d’information attestant de la venue de Ben Ali dans la capitale française. ( Photo capture d’écran : l’avion de Ben Ali quittant l’aéroport de Tunis vendredi soir)

LA TUNISIE EMBRASEE : Tunis quadrillée par les forces spéciales, au moins 67 personnes tuées .

Jeudi 13 janvier 2011

 DNA ,13 Janvier 2011

La capitale tunisienne, Tunis , estait quadrillée jeudi par les forces spéciales après une première nuit de couvre-feu alors que les affrontements dans une banlieue ont fait huit morts, selon une ONG de défense des droits de l’homme qui fait état de 66 morts dans tout le pays depuis la mi-décembre. C’est la première insurrection à laquelle fait face le régime du président Ben Ali depuis son arrivée au pouvoir en novembre 1987.


Un manifestant a été tué cet après-midi par les tirs de la police dans le quartier Lafayette à proximité de l’artère centrale de l’avenue Bourguiba à Tunis, ont rapporté des témoins. Un autre manifestant a été grièvement blessé par balle, a affirmé l’un des témoins alors qu’un autre a indiqué qu’il était décédé, ce qui n’a pas été confirmé par d’autres sources.
Les forces de l’ordre ont tenté de disperser les manifestants à coup de bombes lacrymogènes avant de tirer, selon ces témoins.Il a promis La présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), Souhayr Belhassen, a dénoncé jeudi à Paris « un massacre qui continue », affirmant détenir une liste nominative de 66 personnes tuées depuis le début des troubles mi-décembre, dont 8 dans la nuit de mercredi à jeudi dans la banlieue de Tunis.Selon des informations de sources indépendantes sur place en Tunisie, plus de 80 personnes ont été tuées depuis le début de la contestation. La Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) parle d’un bilan qui s’établit désormais à 66 morts identifiés depuis le début des troubles, mi-décembre. L’organisation affirme détenir une liste nominative de ces 67 personnes tuées.

L’armée se retire de la capitale

L’armée tunisienne s’est retirée jeudi de la capitale où elle s’était déployée 24 heures auparavant. Aucun bilan officiel n’a été publié sur ces violences dans les banlieues d’Ettadhamen et d’Intilaka où vivent quelque 30.000 habitants à environ 15 km du centre de Tunis, qui se sont déroulées malgré le couvre-feu nocturne imposé dans la capitale et ses environs.

Le couvre-feu, décrété mercredi pour une durée illimitée, est la première mesure du genre prise à Tunis depuis l’arrivée au pouvoir du président Zine El Abidine Ben Ali en 1987.

Des habitants « ahuris » par l’ampleur des dégâts

« Toute la nuit, on a entendu des tirs, des cris et des bruits de casse », a déclaré à l’AFP une infirmière. Elle a expliqué que les incidents en banlieue avaient démarré mercredi après-midi pendant un rassemblement « qui a ensuite dégénéré en affrontements violents entre forces de sécurité et des jeunes ». Des habitants se sont déclarés « ahuris » par l’ampleur des dégâts: des commerces ont été saccagés, des locaux municipaux endommagés, des abris de bus détruits et un bus incendié.

A Sfax (sud-est), un lycéen de 19 ans, Omar Haddad, a été tué mercredi « par des tirs de la police »  lors d’affrontements dans cette métropole économique, a indiqué jeudi un témoin à l’AFP, ajoutant que les violences s’étaient poursuivies durant la nuit dans cette ville.

L’universitaire Hatem Bettahar assassiné

Une Suisse d’origine tunisienne, employée d’hôpital, a également été tuée mercredi soir dans le nord de la Tunisie, a annoncé jeudi le ministère helvétique des Affaires étrangères. Sur le campus universitaire de Tunis, des enseignants se sont rassemblés jeudi pour protester contre l’ « assassinat » la veille d’un professeur d’informatique à l’Université de Compiègne (nord de la France), Hatem Bettahar, un Franco-tunisien, tué par des tirs de la police à Douz (sud).

Dans la capitale, des blindés et des unités d’intervention de la police ont remplacé jeudi ceux de l’armée, et seuls deux véhicules militaires avec des soldats en armes étaient encore postés devant l’ambassade de France. Des cars remplis de policiers anti-émeute stationnaient dans les rues latérales menant à l’avenue principale.

La Palais présidentiel de Carthage sous haute surveillance

Dans la matinée, plusieurs centaines de manifestants ont été dispersés à coup de grenades lacrymogènes dans le centre. Les jeunes rassemblés rue de Rome, proche de l’ambassade de France, ont tenté d’atteindre l’avenue Bourguiba mais en ont été empêchés par les forces de l’ordre qui ont abondamment usé de grenades lacrymogènes.

Auparavant, dans les cafés ouverts, les terrasses habituellement bondées étaient dégarnies, des clients s’exprimant à haute de voix sur les derniers affrontements en banlieues. Des dispositifs de sécurité renforcés étaient visibles sur la route conduisant au palais présidentiel à Carthage, interdite à la circulation automobile.

Ben Ali lâche du lest mais s’accroche au pouvoir

Le gouvernement du président Ben Ali, 74 ans, avait tenté mercredi de calmer le jeu, avec le limogeage du ministre de l’Intérieur et l’annonce de la libération de toutes les personnes arrêtées à « l’exception de ceux qui sont impliqués dans des actes de vandalisme ».

Le ministère de la Jeunesse et des Sports a annoncé jeudi le report de toutes les compétitions sportives « programmées cette semaine », en raison des émeutes.

Abdelwaheb Abdallah, conseiller de Ben Ali en charge de la presse, et ex-ministre des Affaires étrangères, a été limogé, ainsi que le ministre d’Etat et conseiller spécial du Président Abdelaziz Ben Dhia.

Tous deux étaient considérés comme durs parmi les durs du régime de Ben Ali.L’information, encore non-officielle, a été confirmée par Alarabiya.

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Il a promis plus de démocratie et davantage de libertés

Ben Ali promet plus de démocratie mais refuse de démissionner

Le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali s’est adressé ce jeudi 13 janvier aux Tunisiens. Le chef de l’Etat n’a pas annoncé sa démission, malgré le bilan élevé des émeutes – au moins 66 morts– et la dégradation de la situation dans le pays. Mais Zine El Abidine Ben Ali a formulé une série de promesses de réformes aux Tunisiens. « J’ai compris les Tunisiens et j’ai compris leurs revendications », a‑t‑il dit.

Le président tunisien a avoué avoir été « trompé » par des personnes de son entourage à qui il entend demander des comptes. Il s’est dit « peiné » par ce qui s’est produit en Tunisie ces dernières semaines, promettant une commission d’enquête sur les événements. Il a indiqué avoir demandé au ministre de l’Intérieur de veiller à ce que les tirs à balle réelle cessent contre les manifestants. Enfin, il a affirmé avoir ordonné une baisse des prix sur les produits de première nécessité.

Sur le plan politique, le président Ben Ali a promis de respecter la Constitution. Il a laissé entendre qu’il ne briguera pas un nouveau mandat en 2014 mais qu’il poursuivra son mandat commencé en 2009 jusqu’au bout. Le président tunisien a promis de respecter la Constitution et d’accorder davantage de liberté à la presse et aux médias.

Ben ali libère les manifestants arrêtés et vire son ministre de l’intérieur

Jeudi 13 janvier 2011

Les développements intervenus hier en Tunisie indiquent que la situation s’est aggravée dans ce pays  en proie à des manifestations violemment réprimées depuis près d’un mois.

Le fait que les émeutes aient atteint Tunis et sa banlieue ouest semble avoir eu de l’effet sur le président Zine El-Abidine Ben Ali, qui a pris une série de mesures hier pour reprendre les choses en main. Il semble avoir opté pour la politique de la carotte et du bâton. Si le limogeage du ministre de l’Intérieur, la libération de tous les détenus et la mise en place d’une commission d’enquête sur la corruption apparaissent comme des concessions de sa part, le déploiement de l’armée dans les rues de la capitale montre par contre sa détermination à aller jusqu’au bout dans la répression des émeutes.

Limogeage du ministre  de l’Intérieur et libération des détenus
Dans l’espoir d’apaiser la tension, le chef de l’État tunisien a décidé, hier, un certain nombre de mesures qui laissent présager un changement dans la manière avec laquelle il a traité cette crise sociale jusque-là.
Le limogeage du ministre de l’Intérieur, après celui, il y a quelques jours, du ministre de la Communication, et l’annonce de la libération des détenus arrêtés dans le cadre des émeutes sont des signes d’une volonté de Zine El-Abidine Ben Ali de calmer les esprits. En effet, le Premier ministre tunisien, Mohamed Ghannouchi, a annoncé hier, au cours d’une conférence de presse, le limogeage du ministre de l’Intérieur, Rafik Belhaj Kacem.
Le premier responsable du gouvernement tunisien a également indiqué que toutes les personnes arrêtées pendant les émeutes sociales seront libérées. Dans la foulée, il a également annoncé la formation d’une commission d’enquête sur la corruption que dénoncent opposition et ONG. “Nous avons décidé la création d’un comité d’investigation pour enquêter sur la question de la corruption”, a-t-il déclaré devant des journalistes.

L’armée dans les rues  de Tunis
Tôt le matin, l’armée tunisienne s’est déployée hier à Tunis où la tension est montée au lendemain d’affrontements entre la police et des manifestants qui ont éclaté dans la nuit dans la banlieue ouest populaire.
Des renforts militaires, soldats en armes, camions, jeeps et blindés ont fait leur apparition dans Tunis pour la première fois depuis le déclenchement des affrontements que connaît la Tunisie depuis maintenant un mois. Ces renforts étaient postés à des carrefours du centre de Tunis et à l’entrée de la cité Ettadhamen où les dégâts d’une nuit de violence étaient visibles.
Selon l’AFP, un blindé tous feux allumés et des soldats en armes étaient positionnés à l’entrée de ce gros faubourg où des carcasses de voitures et d’un bus incendiés n’avaient pas encore été enlevées, près du siège de la délégation attaqué la veille.
Outre des renforts importants de police et d’unités d’intervention spéciales, deux véhicules de l’armée et des soldats montaient la garde sur la place reliant les avenues de France et Habib-Bourguiba, face à l’ambassade de France et à la grande cathédrale de Tunis.
Cette place avait été, la veille, le théâtre de manifestations étouffées par la police. Des renforts militaires étaient également visibles autour de la radiotélévision.
Un mardi sanglant
Le bilan des troubles sociaux qui ébranlent la Tunisie depuis près d’un mois s’est alourdi à une cinquantaine de morts dans le centre du pays en trois jours, selon un responsable syndical, qui a évoqué une situation de chaos, mardi à Kasserine, principale ville du Centre. Les affrontements ont éclaté mardi soir pour la première fois dans une banlieue de Tunis, alors que les émeutes qui secouent la Tunisie depuis près d’un mois ont fait 21 morts, selon les autorités, et plus de 50 tués, selon un syndicaliste. “Nos chiffres disent 21 décès”, a déclaré mardi, lors d’un point de presse, le ministre tunisien de la Communication, Samir Labidi. “Ceux qui ont parlé de 40 ou de 50 morts doivent produire une liste nominative”, a-t-il lancé, faisant état de dégâts matériels considérables sans fournir d’évaluation chiffrée. Le précédent bilan officiel, communiqué mardi à la mi-journée, faisait état de 18 morts. La présidente de la Fédération internationale des ligues de droits de l’Homme (FIDH), Souhayr Belhassen, avait assuré qu’au moins 35 personnes avaient trouvé la mort dans les émeutes. “Le chiffre de 35 morts s’appuie sur une liste nominative”, avait-elle déclaré. Un peu plus tôt dans la journée, Sadok Mahmoudi, membre de la branche régionale de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), avait évoqué une situation de chaos à Kasserine, principale ville du Centre, et un bilan de plus de 50 morts les trois derniers jours.

L’UE condamne le recours disproportionné à la force par la police
La porte-parole de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a condamné hier l’usage disproportionné de la force par la police en Tunisie. “Cette violence est inacceptable, les auteurs doivent être identifiés et traduits en justice”, a déclaré Maja Kocijancik. Précisant que l’UE demandait une enquête à ce sujet, elle a ajouté : “Nous sommes inquiets du recours à la force disproportionné de la police envers les manifestants pacifiques.”  Pour rappel, lundi,
Mme Ashton avait demandé la “libération immédiate” des manifestants, blogueurs et journalistes arrêtés ces dernières semaines en Tunisie. Même son de cloche à Washington, où les États-Unis ont fait part mardi de leur préoccupation face à des informations selon lesquelles les forces tunisiennes feraient un “usage excessif de la force” envers les manifestants, après les émeutes sanglantes qui ont eu lieu dans ce pays. “Les États-Unis sont profondément préoccupés par les informations faisant état d’un usage excessif de la force de la part du gouvernement tunisien”, a déclaré Mark Toner, un porte-parole du département d’État. De son côté, la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, s’est dite “inquiète quant aux troubles et à l’instabilité” dans ce pays dirigé depuis 23 ans par le président Zine El-Abidine Ben Ali. Elle s’est également déclarée préoccupée par “la réaction du gouvernement, qui a malheureusement provoqué la mort de certains jeunes protestataires”, et a appelé à une “solution pacifique”.
Source : Liberté

La Tunisie embrasée : L’armée déployée, couvre-feu à Tunis, la police fait de nouvelles victimes .

Mercredi 12 janvier 2011

Des manifestants et les forces de l’ordre se sont affrontés dans le centre de Tunis mercredi en début d’après-midi et la police a eu recours aux gaz lacrymogènes pour disperser la foule, a constaté une journaliste de l’AFP. Deux personnes ont été tuées mercredi à Douz, dans le sud de la Tunisie.Le couvre-feu est décrété à Tunis où l’armée a été déployée.


Des centaines de jeunes criant des slogans contre le régime de Ben Ali sur la place de la porte de France ont essayé d’avancer vers l’avenue Habib Bourguiba, et les forces de sécurité leur ont barré la route en tirant des grenades lacrymogènes.Aucun bilan de ces affrontements, les plus graves à se produire dans Tunis depuis le début des émeutes en Tunisie au mois de décembre, n’était disponible dans l’après-midi, alors que les violences ont cessé.Des passants pris de panique, les yeux larmoyants ont été repoussés par la police dans les ruelles. Les souks se sont vidés et les commerces, y compris une grande surface, ont baissé leurs rideaux. « Fermez, fermez, ils ont tous cassé », criaient des passants à l’adresse des vendeurs ambulants à l’entrée des souks.L’universitaire Hatem Bettaher tué par balles dans la têteDeux civils ont été tués par des tirs de la police à Douz, dans le sud de la Tunisie, lors d’une manifestation ayant dégénéré. C’est la première fois depuis le début des émeutes il y a un mois en Tunisie que cette ville de 30.000 habitants, située à 550 km au sud de Tunis, connaît de telles violences, a affirmé ce témoin.« Les victimes sont Hatem Bettaher, un enseignant universitaire et Riad Ben Oun, un électricien », a précisé ce témoin qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat, ajoutant qu’ »entre quatre et cinq autres habitants ont été blessés, dont certains grièvement ». Hatem Benttaher, maitre de conférence à l’université de Gabes, aurait été assassiné par un tireur d’élite de la police tunisienne, pendant des manifestations à Douz.Le ministère tunisien de l’Intérieur a décrété mercredi un couvre-feu nocturne dans la capitale et sa banlieue à la suite de troubles dans « certains quartiers », dans un communiqué officiel. L’armée a été déployée autour de Tunis.

L’ONU appelle à des enquêtes

La Haut commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Navy Pillay, a appelé mercredi 12 janvier le gouvernement tunisien à mener des enquêtes « indépendantes crédibles », à la suite des informations sur un « usage excessif » de la force par les services de sécurité.

« Des informations suggèrent que la majorité des manifestations ont été pacifiques et que les forces de sécurité ont réagi avec une force excessive contraire aux standards internationaux », explique Mme Pillay dans un communiqué. « Il est impératif que le gouvernement lance une enquête transparente, crédible et indépendante sur les violences et les meurtres », a-t-elle ajouté.